Neil Gaiman / Les Bienveillantes (Sandman 9) par JM Laherrère Dream (alias Sandman, alias Morphée, alias …) est l'un des sept éternels, plus anciens et plus puissants que les Dieux. Il est le maître du monde des rêves (et bien entendu des cauchemars). Dans son palais on croise Caïn, un bibliothécaire qui veille sur tous les livrer qui auraient pu être écrits, une citrouille d'halloween mal embouchée, une corneille philosophe et bien d'autres personnages.
Sur Terre, quelque part aux USA, une jeune femme dont le bébé a été enlevé et tué sombre dans la folie et jure de se venger du père de l'enfant, qu'elle croit être le meurtrier, Dream. Elle va aller solliciter les Bienveillantes, en d'autres temps connues comme les Furies, ou les Erinyes … ce sont les vengeresses, celles qui viennent punir ceux qui ont versé le sang de leur sang. Elles obéissent à des lois qui pourraient se révéler plus fortes que Morphée lui-même. Une confrontation commence, où les protagonistes sont nombreux, de Satan aux Dieux scandinaves, des gorgones à une sorcière grecques … Le temps est venu pour Dream d'expier la mort de son vrai fils … Orphée. Nul comme Neil Gaiman ne saurait intégrer autant de références mythologiques sans donner l'impression de faire un inventaire, de frimer et d'étaler sa culture. Cela pourrait être lourd, pédant et pompeux, c'est passionnant, poétique et éblouissant. Neil Gaiman parle autant de nos mythes fondateurs que de notre monde moderne, mêle de façon fluide les millénaires, les mythologies et la folie moderne, et y ajoute sa patte et son imagination pour créer un univers unique. Un univers souvent sombre, parfois drôle (d'un humour assez noir), toujours étonnant et poétique. En quelques volumes, il a créé une épopée, une mythologie qui synthétise nos croyances, et y ajoute sa propre création. Un monde qui restera, qui inspirera, n'en doutons pas, des générations d'artistes. Je suis prêt à en prendre le pari, Neil Gaiman et son Sandman auront fait, dans les années à venir, autant d'émules, plus ou moins doués, qu'un Tolkien. Si vous ne savez pas quoi offrir (ou vous faire offrir) pour Noël, si vous n'avez rien contre la BD, si vous aimez être étonnés, éblouis par un conteur d'histoire, un fabriquant de mondes hors pair, n'hésitez pas un instant, la série Sandman est pour vous. Chaque volume peut parfaitement se lire indépendamment des autres. Seul le volume 11 (et oui, étonnamment, le 11 est sorti bien avant certains volumes précédents), qui regroupe plusieurs petites histoires sans liens les unes avec les autres, est un cran en dessous. Dans tous les autres volumes, l'histoire est éblouissante, et Gaiman a su trouver des illustrateurs à la hauteur de son talent. Détail : Sandman c'est une BD qui se lit aussi lentement qu'un roman. 2008-12-12 |