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1. Les origines

Juillet 1980,

Pierre Lebedel, Michel Lebrun, Alain Demouzon et Jacques Baudou envoient à la préfecture les statuts co-écrits avec Ralph Messac d’une nouvelle association " d’amis de la littérature policière " qu’ils ont mystérieusement nommé " 813 ".

ImageC’est lors du 1er festival de Reims se déroulant du 3 au 6 mai 1979  que naît l’idée d’une association loi 1901 pour le roman policier. Le Festival de Reims est alors, sous l’auspice de Jacques Baudou, le premier véritable festival consacré au " polar ", invitant auteurs français et célébrités étrangères tel Robert Bloch, le trop méconnu auteur de ‘Psychose’. Dans les faits, le festival devient donc le lieu de rencontre de ce qu’on appela bientôt le milieu " polar ". C’est avec l’idée de créer une structure d’aide pour ce festival que quelques " personnalités " de ce milieu se retrouvent, avec comme ambition de rassembler les acteurs du genre : un projet encore vague de " convention " ou de " rassemblement ", en cette époque où, il n’y a aucun doute la dessus, la S.F et son « fandom » est le genre du futur, où les plus véhéments défenseurs du genre policier ont l’impression de défendre " Fort Alamo " comme se souviendra vingt ans plus tard François Guerif. Ainsi se retrouvent autour de ce festival les " pères fondateurs " de ce qui deviendra " 813 " avec dans l’esprit de construire une association d’aide et de soutien à Reims et à ses organisateurs, mais aussi une véritable structure pérenne, permanente, effectuant le lien entres amateurs tout au long de l’année. Les bases sont posées.

Pierre Lebedel, alors journaliste au Figaro, les auteurs Alain Demouzon et Michel Lebrun ainsi que l’organisateur du festival de Reims, Jacques Baudou, mettent donc la dernière main aux statuts d’une " association des amateurs de la littérature policière " qu’ils baptisent, sur la proposition de Lebrun, " 813 ", nom assez mystérieux et énigmatique pour convenir à ces aficionados de " l’autre littérature ". "  813 " c’est d’abord le titre d’une des plus réussies des aventures d’ Arsène Lupin, mais c’est aussi une manière de montrer que l’association, en se mettant sous l’auspice d’une oeuvre comme celle de Maurice Leblanc, est loin des querelles actuelles et des chapelles, qu’elle est avant tout fédératrice, qu’elle embrasse tous les styles, tous les genres. Mais " 813 " c’est aussi le nombre limité des adhérents à l’association, nombre mirifique alors, largement atteint aujourd’hui.

ImageMais rien n’est définitif, les statuts d’une association ne détermine en rien son esprit. Ce sont ses adhérents et ses premières Assemblées générales qui le lui donneront. Par une première polémique tout d’abord : faut il faire de 813 une association professionnelle comme le modèle d’alors, les " Mystery Writers of America ", syndicat à l’américaine ou, tout au contraire, une association ouverte en premier lieu aux passionnés, à tous ceux qui se retrouvent dans un certain état d’esprit, qu’ils soient lecteurs, auteurs, éditeurs, libraires , cinéastes, dessinateurs ou journalistes. Première question, premier débat , 813 en connaîtra pourtant bien d’autres, mais vingt ans plus tard, on peut bien dire que c’est véritablement avec cette première interrogation que la vie de l’association va débuter.

 
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