Recherche

Espace adhérent






Mot de passe adhérent oublié ?
Accueil arrow Notre histoire arrow 2. Le départ
2. Le départ

Le premier recrutement s’effectue tout naturellement dans le milieu de l’édition, bien connu des quatre fondateurs, puis vinrent les auteurs dont beaucoup pensent avoir affaire à un "rassemblement professionnel ", une "chambre de commerce du polar "…

ImageMais c’est avec les festivals et les premiers contacts qu’arriveront ce qu’on nommera plus tard  "les adhérents de base ", souvent il faut bien le dire beaucoup plus fidèles et désintéressés. Ainsi lorsque a lieu la première assemblée générale, le bureau a déjà reçu plus de cent vingt chèques d’adhésion, preuve que la demande existe. Ces premiers adhérents, sont pourtant, dans en majorité des auteurs. Cependant, très rapidement, de simples lecteurs, des aficionados, qui pour la première fois - notamment avec le festival de Reims - peuvent rencontrer leurs auteurs et non plus seulement les voir au gré des photos de "mystère magasine " investissent l’association tout comme ces "jeunes " auteurs qui se rencontrent pour la première fois autre part que dans les cocktails ou dans des couloirs des maisons d’édition. Tous ces nouveaux venus ont une autre idée de la vie littéraire, comme ces Pouy, Daeninckx, Vilar, issus de la gauche qu’on appellera "alternative " et qui se retrouvent dans une culture faite de rencontres et de dialogue. Ainsi l’association, d’elle-même, largue les amarres, coupe les liens avec l’organisation de Reims, qu’elle ne s’interdira pas de critiquer, quitte à devenir une "assoc sans festival ". Mais surtout elle rejette définitivement la tentation en son sein même de voir en 813 une convention des auteurs, comme le voudrait Jacques Baudou, l’un des organisateurs de Reims. Le premier bureau est significatif : on y retrouve les quatre fondateurs plus Jean Vautrin, François Guérif, Caroline Camarra et Jean François Coatmeur.

ImagePlus qu’une simple liste de noms de futurs "célébrités ", le premier bureau est complètement représentatif de cette nouvelle génération de lecteurs et d’auteurs qui vont faire le "renouveau " du roman policier, un nouvel élan passant par un renouveau du style, du propos. Mais la bataille est loin d’être gagnée : Reims n’est qu’un petit festival dont la 1er édition n’a attiré que cent cinquante visiteurs et qui a du mal à vivre entre le mutisme de la presse régionale et les tentatives de main mise de la municipalité. Et si maintenant on peut entendre parler de ce festival comme si essentiel,  c’est avant tout comme symbole du début d’une "nouvelle époque " plus que pour sa taille réelle, bien semblable à celle de multiples festivals de nos jours.  Et que va être le devenir cette association qui vient comme au secours d’un genre encore moribond, à une époque où la dégringolade des tirages de l’édition populaire n’est pas encore compensée par une redécouverte du genre par le lecteur "cultivé ", où les romans du néo-polar n’ont – qu’à de notables mais rares exceptions – pas encore dépassé les cellules des LCRs de petite couronne ? Mais déjà, invisibles, sont présentes les forces qui ramèneront le roman policier sur le devant de la scène, et recréeront le genre. Pour le moment, ce ne sont que de modestes redécouvertes de vieux romanciers anglo-saxons, ce ne sont que des films comme "Vivement dimanche" ou "Mortelle randonnée ". Pourtant, tout est en place pour la reconquête, et 813 comme le Festival de Reims en sont les meilleurs exemples.

 
< Précédent   Suivant >