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A cette époque donc, le polar comme on l’appelle, n’est vraiment pas à la mode.
Et alors que sort à intervalles trop réguliers le "Belmondo de l’année" et que le néo-polar s’étiole sans un râle sous le silence posé de J.P.Manchette, les bouquins du genre croupissent dans les esprits et dans les bibliothèques, comme celle de l’Arsenal , dépôt légal pour le policier et l’érotisme, où on les considère l’un comme l’autre comme du papier imprimé tout juste bon à encombrer les sombres couloirs sous les regards désapprobateurs des archivistes publics. L’heure n’est pas à l’enthousiasme et les Pouy et autre Vautrin sont aussi ignorés à cette époque qu’ils sont désormais portés au nues. C’est avec l’expérience de livres introuvables, perdus dans de divers labyrinthes administratifs que naît l’idée au bureau de 813 de créer une bibliothèque de la littérature policière, un fond raisonné et ouvert à tous. Parallèlement, un petit groupe de bibliothécaires de la ville de Paris a la même ambition. De leur rencontre naîtra la Bilipo... Mais restituons l’ambiance : dans les années 83- 85 avec un certaine prise en compte du mouvement polar, naît une prise de conscience que cette littérature là a elle aussi droit à son histoire, à ses recherches et à sa bibliothèque . Claude Mesplède et Jean Jacques Schleret écrivent leur dictionnaire de la Série Noire et Pivot invite Pagan et Daenincks alors que 813 et un groupement de bibliothécaires de la ville de Paris s’unissent pour créer la Bilipo , les premiers amenant le fond de l’Arsenal et les contacts alors que les seconds apportent leur expérience et les locaux. Mais le mariage est contre nature et les bibliothécaires ne voient en l’association qu’une bande d’illuminés malléables à merci. Résultat, la Bilipo utilise les fonds et les fichiers 813, crée une revue concurrente, " Les crimes du trimestre ", et…. claque la porte de 813 ! ! ! Mais, au final, la bibliothèque est toujours là, grâce à 813 et à la ténacité de quelques bibliothécaires, et les relations avec l’équipe actuelle sont beaucoup plus amicales comme le prouve la récente exposition " 813 et 20 ans de littérature policière ". Reste que l’aventure de la Bilipo restera un souvenir pénible, même si elle a permis la création d’une structure originale, rassemblant un véritable fond d’études (dépôt légal et donations) cristallisant autour du travail des bibliothécaires (comme l’ouvrage " Les crimes de l’année " ou les expositions thématiques) tout un travail de recherche servant bien souvent de base pour de nombreuses monographies ou des travaux universitaires. Encore un nouveau moteur pour la reconnaissance de ce genre contre tous ceux qui pensent qu’il y a des ‘sous-genres’ qui ne méritent ni réflexion, ni conservation.
Mais bientôt arrivera une nouvelle polémique, touchant d’encore plus près 813 : le festival policier lui-même. |