Recherche

Espace adhérent






Mot de passe adhérent oublié ?
Accueil arrow Notre histoire arrow 5. Grenoble Connection
5. Grenoble Connection
Preuve de sa vitalité, l’association, quand elle quitte Reims, emmène avec elle le festival du roman policier qu’elle installe à Grenoble qui a tout l’air en cette ère Carignon d’un pays de cocagne qui va éblouir l’association, même si les coulisses budgétaires ressemblent aux plus sordides des Robin Cook. 

ImageCook est justement une des figures emblématiques de cette nouvelle génération, née avec les "années Grenoble", années qui verront avec Michel Lebrun président une nouvelle association 813, celle des nouvelles collections policières comme Rivages/noir, celle de la Série Noire de Robert Soulas, celle des "années Série Noire" de Mesplede et Schleret, cette génération qui va se rencontrer dans le grandiose site de Grenoble où enfin "on les prend au sérieux", où sont invités les grands du noir américain, là où se créent des amitiés, des dialogues, un milieu sous l’ombre du whisky de la voiture bar du train noir Paris-Grenoble. C’était très grand, c’était presque fou et c’est mort, évidemment après quelques années, mais ces salons sont plus essentiels que les quelques heureux souvenirs qu’ils laissèrent chez les survivants : ils sont pas les véritables ancêtres de tous ces salons d’aujourd’hui, regroupant autour d’une même table, passionnés, auteurs et professionnels du livre, le trio réuni par 813.

Là ou Reims n’était qu’opération médiatique, Grenoble est véritablement une oeuvre de passionnés. C’est donc avec beaucoup d’ambition qu’on prépare le premier salon, oeuvre collective et de passionnés locaux. "De Grenoble, nous voulons faire le rendez vous de tous les amateurs….du polar, toutes diversités confondues et respectées" s’écrie Jean-François Vilar, alors éphémère président de l’association. Il est clair que le postulat est ambitieux, voire grandiloquent, mais correspond à son époque : un changement radical de cap dans le milieu du roman policier, exit les mémorables collections "Espionnage" et "Spécial police" qui avaient fait la renommée et la carrière de dizaines d’auteurs dont plusieurs auteurs-maison, au moment même où l’un deux, Michel Cade-Lebrun se retrouve président de l’association. Une façon de définitivement enterrer une collection qui coulait depuis quelques années, une façon aussi d’enterrer avec elle toute une histoire du roman policier en France, celle de l’après-guerre et des ‘golden’ pour une nouvelle page plus littéraire accompagnée par une "normalisation" de ces auteurs dont les tirages et la reconnaissance approchent ceux de leurs collègues de la littérature blanche. Autre nouvelle notion qui apparaît dans ces années, remplaçant la vieille codification "livre littéraire - livre populaire". Rien n’est plus populaire, rien n’est plus littéraire.

ImageEt 813 s’intègre parfaitement dans ce nouveau retournement des valeurs  en concrétisant autour d’elle l’embryon de ce qui deviendra au fil des années un "milieu", on est polar ou on ne l’est pas. Ainsi alors que Reims était une tentative de reconnaissance, 813 un lieu d’union, Grenoble sera animé par une volonté de symbiose où 813, désormais fédérateur, se veut "conquistador", et n’oeuvre plus que pour la reconnaissance du roman policier, mais aussi sa promotion. La variante est subtile, mais profonde, parfaitement illustrée  par les propos de Lebrun "Je vais m’efforcer de rétablir le contact… avec les gens qui sont le public, les acheteurs". Car ceux-ci sont désormais de plus en plus nombreux….

 
< Précédent   Suivant >