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Les perles de la liste 813


Les recettes du Pepe
François Priour, cuistot à la mode Montalban


Les recettes du détective Pepe Carvalho à la carte du Digor Kalon de Perros Guirrec 

ImageLe restaurant Digor Kalon se lance dans une rétrospective culinaire de l'œuvre de l'écrivain Manuel Vasquez Montalban. Féru de polar, le cuisinier François Priour a réactualisé les recettes (1) du détective gastronome Pepe Carvalho, personnage récurent de l'auteur catalan. Petite mise en bouche littéraire...Quand le détective Pepe Carvalho passe à table après avoir cuisiné les ingrédients qu'il a sous la main, c'est pour mieux concocter la recette qui lui permettra de résoudre une enquête. Avec lui, les truands, bien souvent des hommes de pouvoir corrompus, passent à la casserole. Le héros de Vasquez Montalban cuisine comme d'autres font leur jogging, pour retrouver la sérénité et une certaine ligne... de conduite. « C'est un ex-marxiste de la faction gastronomique », rigole François Priour qui a deux passions dans la vie : la marmite et le polar. Entre autres à la sauce catalane. Quand il ne cuisine pas, il lit, et quand il ne lit pas, il cuisine. Et pourquoi pas mélanger les genres ? Excellente question mon cher Watson. Eh oui pourquoi pas ? D'où l'idée d'une rétrospective culinaire Montalban épicée de citations dédiées à la gloire de Pepe : « Carvalho cuisine sous l'effet d'une pulsion névrotique quand il est dépressif ou sous-tension et il recherche presque toujours une compagnie complice ­ de préférence féminine ­ pour manger ce qu'il a fait, afin d'échapper à l'onanisme de la simple alimentation et atteindre à l'exercice de la communication. » Des petites phrases comme celle-ci, François en a plein son tablier. Il les égrène au fil de la carte des menus. « On ne connaît pas un pays tant qu'on n'a pas mangé son pain et bu son vin », disait Marx. Alors dîner au Digor Kalon, c'est s'envoler vers des contrées gustatives ensoleillées : la gastronomie barcelonaise, valencienne, argentine... « Pour cuisiner, je suis un peu comme Pépé Carvalho, je me débrouille avec ce qu'il y a dans le frigo. C'est ainsi qu'on obtient des mélanges improbables », glisse François en s'activant autour des fourneaux. Là c'est un riz valencienne à remuer (« A Valence, il y a plus de 100 façons de cuisiner le riz », dixit Pepe Carvalho), une crème liquide à couler sur les moules aux épinards, des boulettes de porc et crevette à retourner dans la poêle, une baguette grillée à napper de tomate et d'huile d'olive aux couleurs du drapeau catalan, le feu à baisser sous la potée asturienne... « Gave bourrique »

Ces saveurs « montalbanesque » sont à picorer dans deux assiettes de tapas. La première, « les petites choses du quotidien », célèbre la cuisine faite sur le pouce comme cette humoristique et énigmatique « gave bourrique » ; avec la seconde, « la solitude des plats de fond », les « mijotés » se taillent la part du lion. Et puis il y a les desserts « Carvalho », des crêpes à la marmelade d'orange et au whisky, ou bien encore des figues farcies à la syrienne. Miam. « Je prépare également des plats du jour du détective comme le colin au cidre, la paella... » Quand tournera-t-il la page Montalban ? « Tant qu'il y aura du vinaigre de Xérès », répond François, le nouveau Biscuter de Carvalho. C'est juste une question de bon goût. 

(1) Les recettes de Pepe Carvalho, un livre édité chez Bourgois.
* Digor Kalon, 89 rue Maréchal Joffre, Perros Guirrec (22-Côtes d’Armor) - Ouvert mercredi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche (tous les jours du 25 décembre au 6 janvier) de 16 h 30 à 1 h. – Tel 02 96 49 03 63.
* On doit le dernier numéro de la revue 813 « Gastronomie et pola »r à l’ami François Priour.  

2008-08-07

LA RECIPROQUE DE LA DROITE DES MILIEUX

 

ImageFaut dire que je suis excédé par ce qui se passe, et, comme on nous prie d'intervenir sur la liste, je le dis franchement. On subit, on se tait, on serre les dents, on détourne les yeux, on regarde ailleurs, on écoute l'un ou l'autre déblatérer, on a envie de tout foutre en l'air, parce que là, trop c'est trop, ça dépasse les bornes, certains profitent de la situation, et, chaque jour, on reprend les mêmes, ça recommence. IL EST TEMPS QUE ÇA CHANGE.Je demande à l'ORGANISATION de changer les règles, d'inverser les tendances, de remettre à plat ce qui a tendance à nous les gonfler, de redresser ce qui nous met raplapla, de retirer les imperméables et l'huile solaire à ceux qui font la pluie et le beau temps. Que les anarchistes arrêtent de balancer des confettis et ressortent les cuillers à petits pois. Ce n'est pas le tout de théoriser en roulant à 70 à l'heure sur l'autoroute du soleil en Corsa, on veut des actes, on veut des bouleversements, une révolution carrée sans tangente ni rayon gamma de science-fiction. On veut un 813 NOUVEAU, on ne veut plus de gnognote, de compromis, de rouleau compresseur en mousse, de fleurs baudelairiennes au bout du Musil, de pâtée pour chiens policiers écoutant du jazz ou du rock, on ne veut plus de boissons fortes, de pinard, d'auteurs irlandais à 40°, par contre, on veut des critiques musclés, des culturistes blonds et jeunes capables de nous encenser n'importe quel texte importé des pays gelés et de nous transformer, chacun que nous sommes, en Télérama sur pattes, nouveaux témoins de Yes-on-y-va, propagateurs à notre tour de bon sens et de lucidité.
Je n'oublie pas le Japon et le CNRS qu'il faudrait couler toutes affaires cessantes. En guise de cadeau, en fin d'abonnement annuel à l'ORGANISATION, des caisses de beaujolais nouveau au goût de mandragore devraient suffire. L'extrême gauche du polar devrait également recevoir son lot de picrate auto-destructeur.
Voilà, où nous en sommes. Dans les mains des marionnettistes. On connaît leurs noms de code, on ne connaît pas leur véritable visage. Ils veulent nous entraîner dans une démocratie participative, nous faire avaler des goûts et des couleuvres, et continuer par derrière leur petit jeu pervers. D'où cet appel à nous faire connaître. Ils disent : faites-vous entendre, débattez, envoyez vos âneries, faites monter le niveau intellectuel de Luis Alfredo (c'est ainsi qu'ils appellent leur appareil médiamétrique à mercure, le même utilisé par la MENSA pour déterminer le QI des personnes). A la vérité, ils veulent nos numéros d'adhérents, ils veulent nous ficher. Ça va mal se terminer si on n'y prend pas garde. D'où mon coup de gueule.RÉSISTONS. La droite n'est pas le meilleur chemin pour dégringoler dans le fossé. Le cercle n'est pas la serrure idéale des poissons volants. Le rectangle rappelle trop les légions romaines pour être honnête. Il fallait que je le dise.C'est dit.Et en plus, j'ai l'honnêteté de signer, moi :

JAN (Thirion)

2008-03-10 


Ma nuit avec Max par Delphine Moreau

27 octobre, minuit. Changement d'heure. On est censé en gagner une. C'est bon pour mon insomnie. Mon compagnon ronfle. J'allonge le bras vers la pile de service de presse qui m'attends sur la table de nuit. « Balistique du désir » de Max Obione. Je m'en empare avec la ferme intention d'en oublier le contenu aussi Imagevite que j'aurai trouvé le sommeil : astuce de la jeune pigiste ignare, mais déjà blasée. Une heure. Touchants ces personnages. Ai un faible pour l'enfant tronc et la femme unijambiste. Deux heures. Subtiles ces effets de focale : le narrateur passe du « il » au « je » en quelques lignes, sans embrouiller pour autant celui qui lit. Trois heures. Jouissive pour finir, cette ode chorale et narquoise au désir, universel, de tuer. Moi je le partage à fond, et très régulièrement. Côté sommeil en revanche, aucune réaction à la prescription. Je me sens même un peu barbouillée. Mal au ventre. Envie de faire pipi. Encore envie de faire pipi. Fais pas ta chochotte. Pour finir, j'éclate en sanglots dans les WC : « Je vais quand même pas aller faire pipi toutes les cinq minutes ! », hoqueté-je. Retour aussi digne que possible dans le lit du conjoint. « Ma pauvre chérie, c'est encore ta migraine ? ». Non. Je lui dresse le tableau, rapide. « C'est pas normal, tranche-t-il virilement. Je t'emmène à l'hôpital ».
A l'accueil des urgences, l'aide soignante est moyennement motivée. « Par ici la salle d'attente ! Il y a deux dames avant vous ». Elles feuillettent de vieux magazines, à l'ombre des plantes vertes. Soit. Me sens un peu penaude. Fais quelques allers et retours dans le couloir. « Puisque vous vous agitez comme ça, on va vous examiner », elle s'énerve. L'interne m'expertise et cause à mes cuisses : « Vous êtes à sept : il reste une heure de travail, on vous monte en salle de naissance ! ». Elle plisse la bouche. « Tardez pas, qu'elle souffle à l'aide soignante, j'aimerais autant ne pas avoir d'accouchement ici .» Dans le monte-charge, je repasse le film de la soirée en accéléré. Y'a erreur dans le script. Ça, des contractions ? « Aussi douloureuses que quand on se pince les doigts dans une porte », avait pourtant prévenu la sage femme, celle des cours de préparation à la naissance. Et ce foutu gynéco, qui m'assurait il y a trois jours qu'une grossesse, c'était bien neuf mois, et pas huit ! Chui à sept d'accord mais sur combien, sept sur dix, sept sur sept, où est Anne Sinclair, et la péridurale dans tout ça ??? Plan d'ensemble sur une dame hurlante que de gentilles blouses blanches maintiennent à l'horizontale. C'est moi. Les mains de G. dans les miennes, désormais elles me servent d'unique contact avec l'extérieur, comme Helen Keller dans l'histoire.

Entracte. L'anesthésie me rend gentiment songeuse. «Tu sais ce livre de nouvelles que j'ai mis dans la valise avant de partir. Il faudra que tu y jettes un oeil. Je ne sais pas si c'est les hormones, mais je le trouve vraiment bien. »

Sept heures. Lucien est né. A travers le berceau de plastique, sur la table de nuit, j'aperçois le livre de Max. Il me reste encore trois nouvelles. Je les garde pour plus tard. 2007-12-13

 

 

 
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