Modern Express. Le Gabon inquiété par le bois transporté par le navire

Le Gabon avait reçu interdiction d’exporter de la matière première non transformée depuis 2010. Le trafic de bois rare touche son économie.

Tout le monde se pose la question savoir s’il y avait du bois provenant du Gabon dans le Modern Express ? » Au Gabon, où le navire a chargé sa cargaison, la question a vite apparu. En 2010, Ali Bongo Ondimba, président gabonais, a en effet ordonné l’arrêt de l’exportation du bois en grume, non transformé. « Mais le roulier est en règle, indique la préfecture maritime de l’Atlantique. Il transporte réellement du bois coupé, et non des grumes », comme cela avait été expliqué au départ.

Le Gabon est couvert à 80 % par la forêt et s’étend sur 22 millions d’hectares. En 2010, quand ce pays d’Afrique adopte cette mesure drastique, cette industrie avait 15 000 emplois directs et 30 000 indirects. Après la fonction publique, la secteur bois est le second secteur qui emploi le plus dans ce pays.

Exploitation clandestine

Mais les 80 essences gabonaises vendues, sur 400, acèrent bien des appétits. En novembre passé, un scandale faisait apparition autour de l’exportation de kevazingo non transformé. D’importants fonctionnaires sont accusés dans ce trafic d’essence rare avec la Chine. « Le Gabon est certainement le premier pays qui réagit », affirme Luc Mathot, président et fondateur de l’ONG gabonaise Conservation justice.

L’importante demande chinoise en bois inciterait l’exploitation clandestine de bois précieux partant du Gabon. Mais la Chine n’est pas l’unique acteur et la seule sortie de ce trafic. « Il y existe également des Européens, des Libanais, des Indonésiens », cite Luc Mathot. Expliquant les craintes, non fondées, venant du périple du Modern Express.